Interactions

Valéry Frémaux : Aujourd'hui, l'interaction est claire entre la matière enseignée et le marché :  apparemment à part dans certaines chaires d'entreprise et autre rares cas, parce que ce n'est pas la culture historique, il n'y a pas d'étude par le corps enseignant des corrélations entre l'usage des concepts et des notions et le marché.
C'est pour cela que l'on se retrouve avec des maquettes de diplômes où il n'y a pas de débouchés, pas de travail, où l'on se spécialise pour se faire plaisir par passion.
Il faudrait imaginer d'autres interactions de LMS avec le monde extérieur pour récupérer des données supplémentaires qui permettraient d'alimenter ce sujet.

Ou alors d'inventer des dispositifs pédagogiques ou qui ne sont pas encore généralisés dans la plate-forme et qui permettraient par exemple d'avoir une approche de l'évaluation cognitive d'un apprenant : pourquoi il n'y arrive pas ? Parce qu'il est affectivement dissocié, socialement dissocié par rapport au contexte extérieur ? Est-ce qu'il n'y arrive pas parce qu'il a des verrous cognitifs ?
Ou que le système biaise dans sa conception de l'évaluation des apprenants ?

C'est ce qui rend ce sujet des indicateurs compliqué parce que ce sont des révélateurs de la réalité effective, objective de l'enseignement alors que nous savons très bien que l'institution ne pourrait pas survivre au constat objectif.

Vous entrevoyez là une limite à l'utilisation, à la généralisation des indicateurs ?
Valéry Frémaux : Oui, l'utilisation des indicateurs est plausible lorsque l'enseignant veut optimiser son cours et avoir une vision globale.
Elle est beaucoup plus sulfureuse un niveau de statistiques globales, d'observation globale du système éducatif.

Pourtant cela se fait : les systèmes de classement des universités, une sélection d'indicateurs peut permettre d'établir une grille commune à
toutes les universités non seulement au niveau national mais aussi international pour les évaluer et établir un classement objectif …

Valéry Frémaux : Au niveau macro. C'est le fait de dire une institution dispense un certain nombre de cours, ou d'unité de cours qui est complétée ou supportée par un dispositif d'e-learning donne une idée de l'investissement de l'institution dans la transformation numérique de son enseignement.
De regarder ensuite sur ses cours transformés effectivement quel est le ratio …
Il faudrait comparer les ratios d'absence présence en présentiel avec les ratios de fréquentation des dispositifs en ligne avec en objectif le fait de détecter ces situations, par exemple :

  • la situation de l'apprenant qui est absent partout,
  • la situation de l'apprenant qui a fait un transfert de sa présence sur la consommation des ressources numériques, car on sait très bien que la plupart du temps et pour la plupart des cours, le discours oral de l'enseignant apporte très peu de valeur ajoutée si l'information est disponible.

Cette analyse du transfert numérique des pratiques d'apprentissage est à mon avis un phénomène de potentiellement intéressant qui pourrait donner un argument de dire quelle est l'équilibre qu'il faut atteindre entre présentiel et elearning.
Nous observons aujourd'hui que le ratio est de 15 % blended et contenus en ligne par rapport au présentiel.